Grossesse et alimentation

Avoir les yeux plus gros que le ventre… l’expression vous est peut-être familière. En période de grossesse, questions et envies de grignotage compulsif, souvent, voient double. Manger oui, mais manger mieux surtout ! Apprenez à vous laisser bercer par la raison.

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Ventre rond et tête bien remplie : faire corps avec la raison

Mythe ou réalité ? Aucun doute, lorsqu’elle est enceinte et en fonction de l’avancée de sa grossesse, une femme a besoin d’augmenter ses apports caloriques pour pourvoir au bon développement de son bébé. Le phénomène se manifeste surtout au troisième trimestre, stade auquel la croissance du futur enfant prend de l’ampleur. L’augmentation de la ration alimentaire va alors varier d’une future maman à l’autre en fonction de sa morphologie initiale et de son indice de masse corporelle (IMC). En moyenne, la prise de poids au moment de l’accouchement atteint les 12 kilogrammes. S’il est indiqué d’augmenter progressivement sa ration alimentaire en passant des 2 000 calories recommandées par jour à 2 150 calories au second trimestre, puis 200 de plus à l’amorce du dernier trimestre, il est en revanche déconseillé de se jeter sur tout et n’importe quoi. À bon entendeur, augmenter ses apports ne signifie pas manger deux fois plus !

Double vigilance

Que l’on soit ou non enceinte, adopter une bonne hygiène alimentaire est fondamental à la préservation de sa santé. Sans basculer dans les excès gras ou sucrés que pourraient encourager les fringales, il est important que l’alimentation de la femme enceinte reste variée et diversifiée. Certains aliments sont hautement déconseillés en tant que vecteurs de risques majeurs pour l’enfant tels que la toxoplasmose ou la listériose. C’est le cas des fromages à pâte molle ou au lait cru, le soja et les produits à base de soja, la viande crue ou peu cuite, les gelées, pâtés et terrines, les viandes fumées ou marinées et tout légume ou fruit qui n’auraient pas été lavés dans l’enceinte domestique. Le professionnel de santé qui vous suit ne manquera pas de vous en dresser une liste lors de vos premières consultations, tout en vous sensibilisant au nécessaire arrêt de la cigarette, de la consommation d’alcool voire de café au-delà de plus de trois tasses par jour. Il vous faudra en tout état de cause essayer un maximum d’éviter le grignotage en prévoyant par exemple d’alléger vos repas principaux au profit d’une collation composée d’un produit laitier et protéinique au cours de la journée. Outre le fait de contrôler ainsi votre poids, vous y gagnerez en confort, car la prise de repas copieux influe sur les nausées et remontées acides.

À l’école de l’hygiène

Souvenez-vous que tout aliment cru ou non nettoyé représente un potentiel risque de contamination. Ainsi : – Prenez le soin de toujours laver fruits et légumes avant de les consommer. – Faites cuire à cœur les viandes. – Lavez-vous les mains au savon après manipulation de tout ustensile au contact d’un aliment cru et désinfectez systématiquement ce(s) dernier(s) ainsi que votre plan de travail. – Ne conservez pas plus de 3 jours vos restes au réfrigérateur, lesquels ne seront pas à base d’œufs. – Ne décongelez jamais à l’air libre mais au frigo vos aliments. – Séparez les aliments crus et cuits en vous assurant que le point le plus froid de votre frigo soit de + 0 °C et le plus chaud de +6 °C.

Se nourrir des bons conseils

Les féculents (pâtes, semoule, riz, pommes de terre, légumes secs) ainsi que les produits riches en fibres disposent d’un fort pouvoir rassasiant et ont l’avantage pour les seconds d’éviter la constipation. Parmi les autres aliments à considérer en haut lieu figurent les fruits et légumes, source de folates (vitamine B9) nécessaires au développement du système nerveux de l’embryon ; le calcium – disponible dans les yaourts, les eaux minérales, le lait ou le fromage – et la vitamine D fournie par les poissons gras, pour leur intervention dans la construction/consolidation du squelette de l’enfant, ainsi que le fer et l’iode des crustacés et œufs, qui agissent sur le développement du cerveau. Mettez les petits plats dans les grands en associant la pratique d’une activité physique régulière : marche, natation et gymnastique à votre régime alimentaire, et orientez-vous sereinement vers la voie de l’accouchement.

Grossesse gémellaire : comment s’alimenter ?

Les besoins alimentaires d’une femme attendant des jumeaux seront légèrement supérieurs à ceux d’une grossesse simple. En moyenne, la prise de poids sera de 3 à 4 kg supplémentaires, pas plus.

→ Découvrez aussi tous les conseils d’alimentation post-accouchement sur la brochure officielle éditée par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Version téléchargeable en ligne sur : www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_grossesse.pdf